Avec la super cagnotte du Loto et la retraite dorée, mourir de sa belle mort est l’un des souhaits les plus plébiscités par l’Homme moderne.
Je me souviens vaguement que Léon Bloy dans son Exégèse des Lieux Communs (hé hé) précisait que par “mourir de sa belle mort” il fallait entendre “mourir de mort naturelle”. A croire que toutes les autres morts sont surnaturelles ?! ah ah ah – poursuivait-il ironiquement – le méchant homme.
J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, mis à part les nombreuses morts suspectes de la Vème République , je ne vois aucune autre sorte de morts surnaturelles ?
Je crois bien que par mort naturelle, il faille entendre “mourir dans son sommeil”.
En réalité bon gens on ne meurt pas dans son sommeil : on se réveille en pleine nuit puis on crève.. plus ou moins vite.
On lutte et dans la précipitation le cœur s’emballe, la bouche ouverte dégage ce cri silencieux qu’on appelle le souffle de la mort (rentré précédemment par les narines pendant le sommeil) . Cela peut durer quelques minutes, mais on a le temps de la sentir – l’effrayante ! – qui vous tricote de l’intérieur et de vous envahir jusqu’à l’ éteindre, ce cœur résigné finalement à mourir . Soyez-en certain ! Mourir de mort naturelle c’est le crime parfait ! … Au petit matin les gens se félicitent d’une si belle mort et ils l’affirment à qui veut l’entendre « il est mort dans son sommeil, pensez-donc, j’aimerai bien finir comme ça ». Comme ils se trompent…















